Contributeurs :

M. J. Garnier, Georges Hot, Guy Noël, Gisèle Nordlinger, Claude Tournay, Sylvie Haratsis, Gérald Robitaille, Charlotte Appert, Edouard Hubert, Bertrand Duplessis, Jacques Malvaux, Ratimir Pavlovic, P.-J.P., Michel Cluzel, Pierre Dallot.






Par ses compositions dépouillées, l'emploi subtilement sobre des couleurs et ce qui l'anime intérieurement, Madeleine Dallot semble dégager l'essence des choses.

Elle crée un climat poétique, fort et pur, qui ravit dans le temps où l'on s'y attarde pour laisser ensuite une trace durable dans la mémoire.

M. J. Garnier, Livre d'or, 1984





Madeleine Dallot est novatrice, elle ne doit son style à personne.

Ses compositions dépouillées reposent sur les invariants plastiques fondamentaux. Elles sont d'une expression prenante.

C'est une peinture raisonnée et étonnante.

Georges Hot, Livre d'or, 1984





Madeleine Dallot retrouve la vraie source de tout art : émotion et simplicité. Elle s'avance, vêtue avec surabondance de talent et de métier.

En perpétuelle oscillation entre l'essence des choses et un second degré qui semble fuir sitôt découvert, l'artiste nous entraine progressivement au coeur d'un univers parallèle gorgé de lumière.

Guy Noël, Le Républicain, 1986





Ce ne sont pas des abstractions, mais des re-créations fortement charpentées aux lignes fermes et dépouillées. Un talent qui séduit grâce à l'heureuse synthèse de cette solide architecture qu'on pourrait dire virile, mais où s'exprime toute la tendresse d'une femme sensible pour les simples décors quotidiens.

Gisèle Nordlinger, Le Républicain, 1987





De forts contrastes de lumière et d'ombre, des camaîeux de gris ou de sables recueillant un écho dans les arcanes de la mémoire, de grandes plages de repos, de méditation, voire de recueillement intérieur caractérisent cet art de sobriété et d'efficience conjuguées. Des paysages Méditerranéens servent de thème à ces variations ad infinitum, dans lesquelles des jarres de terre cuite, des linges blancs aux cassures répétitives, des marches couleur de terre prennent valeur de symboles, ainsi, par exemple, que ces chemins clairs s'enfonçant sous des voutes de pénombre, véritables voies initiatiques.

La matière est encore remarquable, à petites touches serrées, imitant par moment la chaux blanche ou le crépis, elle a aussi par endroits des résonances de la glaise originelle, du paradis perdu.

Claude Tournay, Toutes les nouvelles, Versailles, 1988





L'oeuvre est généreuse, la matière est dense, épaisse et vibrante.

Son style est comme elle, fort, présent et authentique. Chaque toile nous ramène vers nos racines profondes, vers le calme et la poésie. Ce n'est pas par hasard si Madeleine Dallot a été choisie pour exposer au Japon et en Chine, là où règne le dépouillement et la simplicité.

Sylvie Haratsis, Le Républicain, 1988





Madeleine Dallot est en effet une des rares artistes qui a compris que la profondeur n'est pas nécessairement la perspective et que la lumière n'est pas forcément couleur vive.

Gérald Robitaille, Le Républicain, 1990





Fuyant l'artificiel, l'esthétique facile et la séduction ponctuelle, ne laissant rien au hasard, l'artiste s'attache à l'essentiel, à l'ultime simplicité d'un figuratif à la limite de l'abstrait.

Charlotte Appert, 1992





Contraste, c'est le nom donné à l'exposition des toiles de Madeleine Dallot, qui se révèle en effet, depuis plus de vingt ans une virtuose des contrastes d'ombre et de lumière, en des compositions fortement architecturées, qui révèlent pourtant une grande délicatesse de sentiments.

Edouard Hubert, 1992





Sous le générique de "contraste", Madeleine Dallot livre ici une quarantaine de toiles qui font sensation.

Il faut louer Monique Soubirou-Pouey d'avoir pris l'initiative de cette exposition qui sort des sentiers communs, révèle un tempérament et une inspiration qui doivent beaucoup à l'architecture, à la perspective et au travail "sur le terrain", tous "matériaux" que n'aurait pas renié Corot.

Bertrand Duplessis, 1992, Galerie Denise Valtat, Paris

Constructions cubiques et vertigineuses de Dallot. Un cheminiment qui se situe au-delà du cubisme. Peinture débordante d'énergie et de force contenue.

Bertrand Duplessis, 1994, Galerie La Grange, Barbizon





Madeleine Dallot est l'artiste des choses simples et du silence.

Silence, simplicité et authenticité qui la rapprochent chaque jour davantage du grand architecte de l'univers.

Jacques Malvaux, Livre d'or, 1994





Madeleine DALLOT prend place parmi ces prestigieuses artistes européenne dont le pinceau est un nouveau psychologue de la Ville, de l'espace et du temps, au service du bien commun de l'Homme. Elle embellit jusqu'à la structure mentale de l'Architectural, dévoile toute une linguistique spatiale fascinante, et célèbre les merveilles de l'intemporel : parures de l'Existence. Ses oeuvres sont de véritables explosions musicales devenues peintures.

On peut y rencontrer des tours et des gratte-ciel à l'assaut des hauteurs célestes comme à Toronto ; ils caractérisent puissamment la palette de Madeleine DALLOT. Malgré l'effet brutal et indifférent de leur grandeur ostensible, l'artiste est capable d'en faire une représentation citadine pensive et noble.
Mythes des fleuves, contre la Nature morte ! ...

Le passé est le philosophe dont le regard traverse notre quotidien : masque en métamorphoses. L'un des tableaux montre une bibliothèque de Prague avec un panorama de vieux livres, serrés l'un contre l'autre, décor du musée de l'esprit humain. Quand aux coloris, il ne s'agit pas de simples couleurs mais des messages colorés de la lumière.

Le noir, nuit des orages ;
le bleu foncé, histoire de l'eau ;
le blanc, sillons de l'éternel inusable et frais.

Ratimir Pavlovic, 1994





Il faut se perdre - pour mieux se retrouver soi-même, sans doute - dans ces dédales, ces ruelles aussi mystérieuses que des gorges profondes, ces escaliers qui paraissent descendre, sans fin, vers quelque révélation peut être, celle d'une trace humaine qu'on croyait enfouie à jamais mais qui palpite, dans l'ombre.

Refusant les compromis avec l'esthétique, Madeleine Dallot joue l'épure, cette étape ultime que l'artiste ne peut atteindre qu'après une lutte avec la matière. Là où certains pourraient voir de l'austérité ou de la tristesse, Madeleine Dallot souligne "la nature vivante", sans cesse en mouvement de sa peinture.

Les toiles de Madeleine Dallot révèlent, du monumental jusqu'au format plus réduit, le tempérament (...) d'une femme ayant choisi de tracer son chemin à l'écart des modes, comme pour mieux entendre respirer le monde.

Une exigence rare.

P.-J.P., La Dépêche, 1997





"L'appel au recueillement", de Madeleine Dallot

On ne pouvait rêver d'un lieu mieux adapté que la superbe nef de l'Eglise Saint Genés pour accueillir les neuf tableaux imposant du peintre. L'autre soir avait lieu la présentation d'une exposition initiée par les amis de l'église Saint Genés et les frêres des campagnes. Le nombreux public a été guidé, dans sa découverte de la vie monastique, par le frêre Maurice, dont les commentaires ont été très appréciés. Madeleine Dallot ne dissimule pas que sa visite à l'abbaye de Noirlac a été déterminante. Dès lors, elle rêva de fixer sur la toile le parcours, dans des tons écrus, ocres et bleutés, d'une vie monastique. Un parcours suggéré par les titres des neuf tableaux accrochés dans le monument roman. L'attente, le frêre endormi, marche vers la lumière, entrée au réfectoire, le passage, la sortie du réfectoire, le moine lecteur, recueillement, réunion au chapitre ...

La peinture très forte de Madeleine Dallot appelle au recueillement, à la méditation. Derrière l'habit de bure qui cache visage, pieds et mains, on sent pourtant jaillir une vie intérieure intense. Dans un lieu dépouillé, silencieux, comme l'a dit le frêre Maurice, "le moine n'est pas un évadé du monde" : il travaille, est au fait de l'actualité mondiale et l'un de ses crédos est la fraternité sans laquelle, avec une foi inébranlable, la vie monastique n'a aucun sens.

Michel Cluzel, Le Berry Républicain, 2000





Il appartient sans doute aux artistes de proposer ce que peut être la nature de l'art. La proposition dans laquelle s'inscrit le travail de Madeleine Dallot a toujours été claire pour elle : il s'agit, avant tout, d'exprimer la singularité de sa personnalité. Qu'il s'agisse d'une nature morte, d'un personnage, d'un paysage ou d'une composition architecturale, c'est d'abord cette singularité qui s'exprime. Le pari - souvent vérifié - est que cette expression, si elle est réellement authentique, atteint une forme d'universalité propre à toucher le cœur des autres.

Devant les toiles de Madeleine Dallot, le dessin s'impose en premier. Celui-ci est toujours fortement marqué, soutenu par une composition rigoureusement élaborée, souvent appuyée de triangulations. Des couleurs à l'huile : deux, quelquefois trois, jamais davantage. La palette est délicate. Elle comporte des terres de Sienne, des bleus outremer, des jaunes. Plus rarement des verts ou des rouges. Le blanc et le noir y sont parfois employés comme des couleurs. La matière, renforcée d'inclusions dont la nature est masquée par l'huile, suit rarement le dessin, un peu comme Léger le faisait avec la couleur.

Au delà d'une maîtrise technique évidente, l'impression générale est d'abord celle de la sobriété, voire d'un certain dépouillement. Une tension entre la douceur des teintes (nuances subtiles et déterminantes, glacis profonds) et la rigueur, pour ne pas dire la sévérité, du dessin, s'impose ensuite. On observera ainsi le modelé de la "Nature morte drapée", ou la structure définissant la perspective de "Souterrain, Maroc". C'est dans cette tension, qui souligne l'expression si particulière de ce tracé, que s'exprime pour moi la singularité de sa peinture.

Le sujet pourrait enfin n'être qu'un prétexte à l'expression du trait : nature morte, paysage, ruine, généralement sans âme qui vive, à l'exception parfois de moines qui pourraient être des spectres. A l'examen, toutefois, deux thèmes récurrents attirent l'attention : le passage (par exemple "Temple d'Angkor", "La porte du rêve") et l'obstacle ("Citadelle", "Niagara"). Que ce soit une ruelle, un tunnel, un escalier, une porte ou une échappée de ciel, un mur ou un fleuve, toutes les gradations entre le passage et sa négation, l'obstacle, sont abordées. Dans tous les cas, quelque chose est au bout du tunnel, derrière la porte ou le mur, désirable et éloigné, parfois hors d'atteinte.

Si l'on suit Jean-Michel Oughourlian, l'expérience de nos désirs, permis ou interdits, structure et définit notre moi. A cette lumière, on comprend que ces représentations du passage et de l'obstacle sont un examen réflexif et symbolique, d'autant plus sincère qu'il fut inconscient, de l'expérience du désir et de la genèse de sa personnalité.

Ainsi la peinture de Madeleine Dallot exprime t elle sa singularité.

Pierre Dallot, 2013